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ZHUANGZI, PHILOSOPHE TAOÏSTE DU 4e SIECLE AV J-C

Classé dans : Un peu de théorie — mouvements @
Zhuangzi (ou tchouang-tseu, « Maître Zhuang »), de son vrai nom Zhuāng Zhōu, est un penseur chinois à qui l’on attribue la paternité d’un texte essentiel du taoïsme appelé de son nom – le Zhuangzi – ou encore le « Classique véritable de Nanhua », Nánhuá zhēnjīng (NanHua du nom des monts du Hunan où l’on disait qu’il s’était réfugié à la fin de sa vie). Si Zhuāng Zhōu a réellement existé, on sait très peu de choses sur la personne de ce philosophe. Il aurait vécu à l’époque des rois Huì de Wei  (389-319 av. J.-C.) et Xuān de Qi (350-301 av. J.-C.). Il aurait occupé une charge administrative subalterne et refusé un poste de Premier ministre offert par le roi Wei de Chu. Il aurait terminé sa vie complètement retiré du monde, menant une vie nomade et proche du peuple.

LE ZHUANGZI
Le texte du  Zhuāngzǐ a été classé dans le même courant que le Laozi (ou LaoTseu) et y a rapidement pris une place déterminante. Le Zhuāngzǐ, plus mystique, individualiste et anarchiste,  influencera le bouddhisme chinois, en particulier le Chan (le Chan est la source du Zen japonais).
Le concept central du Dao (ou Tao) peut être défini comme le cours naturel et spontané des choses. Zhuāngzǐ se moque de l’Homme, seul être à tenter de se détacher du Dao en imposant son action et son discours. Selon lui, toutes les tentatives pour discourir sur la réalité visant à acquérir les bases de la connaissance fondatrice de l’action sont vaines étant donné que le discours ne fait qu’opérer des découpages partisans de cette réalité. Zhuāngzǐ pose la question suivante : si le discours n’est pas un instrument approprié permettant d’acquérir des connaissances certaines, que reste-t-il à l’Homme et comment doit-il envisager sa position dans l’univers ?

WUWEI / Non agir
La réponse se situe dans le non-agir (WuWei). Le « Wu » est  pris ici dans son sens étymologique de « dépouillement », plus que de « vide » au sens moderne. Dans une autre optique, le non-agir permet l’action, à l’image de l’immobilité de l’essieu condition sine qua non du mouvement de la roue.
Ainsi le sage ne s’embarrasse d’aucune question métaphysique ni d’aucun conflit d’aucune sorte. Retournant à l’origine, il puise directement sa force et sa vitalité dans le Dao. Épousant les métamorphoses des dix mille êtres, il est libéré de toute contrainte et n’est plus soumis qu’aux nécessités. Le non-agir tel que le conçoit Zhuāngzǐ est une démarche strictement individuelle, sans prétention politique.
Selon Zhuāngzǐ «le monde n’a pas besoin d’être gouverné ; en fait, il ne devrait pas être gouverné ». Pour lui «le bon ordre résulte spontanément quand les choses sont laissées à leur cours ». Peut-être fut-il le premier anarchiste au monde ?

LE REVE DU PAPILLON
Le Zhuāngzǐ contient de nombreuses paraboles courtes souvent teintées d’humour, dont la notoriété dans la culture chinoise s’étend largement au-delà des cercles taoïstes ou lettrés, et qui sont à l’origine de proverbes. Certaines sont mondialement connues, comme « le Rêve du papillon«  :

Le rêve du papillon

Zhuangzi rêva une fois qu’il était un papillon, un papillon qui voletait et voltigeait alentour, heureux de lui-même et faisant ce qui lui plaisait. Il ne savait pas qu’il était Zhuangzi. Soudain, il se réveilla, et il se tenait là, un Zhuangzi indiscutable et massif. Mais il ne savait pas s’il était Zhuangzi qui avait rêvé qu’il était un papillon, ou un papillon qui rêvait qu’il était Zhuangzi. Entre Zhuangzi et un papillon, il doit bien exister une différence ! C’est ce qu’on appelle la Transformation des choses. 

Tchouang-Tseu

S’ébattre dans le commencement des choses
Confucius rendit visite à LaoZi.
Ce dernier, s’étant baigné et ayant dénoué sa chevelure – pour qu’elle sèche-, se tint parfaitement immobile, au point de ne plus ressembler à un être humain. Confucius attendit d’abord, puis se présenta à nouveau, en disant :
- Puis-je en croire mes yeux ? A l’instant, maître, votre corps paraissait desséché comme du bois vert, comme si vous aviez abandonné les choses, quitté l’humanité et inverti la solitude !
Laozi dit :
- Mon coeur s’ébattait dans le commencement des choses.
- Qu’est-ce à dire ? demanda Confucius.
- L’esprit à beau s’efforcer à l’extrême, il ne comprendra pas, la bouche a beau s’ouvrir, elle ne le dira pas. Le Yin à son apogée est calme et serein, le yang à son apogée est vif et brillant. Lorsque l’une procède du ciel et l’autre de la terre, les deux se rejoignent, s’accouplent et toutes les choses sont nées de cette harmonie créatrice. Peut-être quelqu’un l’a-t-il agencé ainsi, mais personne n’a jamais vu sa forme. Tantôt en déclin, tantôt en croissance, une fois plein et une fois vide, un temps obscur, un temps lumineux, le soleil suit son cycle et la lune ses phases, continuellement le processus se poursuit, sans que quiconque ait pu voir ce qui est à l’oeuvre. Nous ne saurons jamais d’où  germe la vie, vers où rentre la mort ; cette opposition du début constitue une ronde infinie dont personne ne sait par où elle s’épuise. Et pourtant, si ce n’est pas cela, alors où chercher l’Ancêtre (le Dao) ?
- Et s’ébattre dans cette sphère, qu’est-ce à dire ? demanda Confucius.
LaoZi dit :
- L’atteindre, c’est la beauté suprême, la joie parfaite. Celui qui sait parvenir à cette beauté, à cette joie est un Homme parfait… 
Le Zhuangzi, chapitre 21

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