MOUVEMENTS

QI GONG, art énergétique chinois

MARCHER

Classé dans : Lire, écouter, voir — mouvements @

Voici les extraits d’un livre court, facile et très agréable à lire de Christophe Lamoure « Petite philosophie du marcheur » (édition Milan).
Un texte pour prendre conscience de l’acte de marcher, et faire de notre marche une marche consciente dans la pratique du Qi Gong et aussi dans sa vie quotidienne.
Je marche et je suis conscient que je marche. Mes pieds marchent et je suis conscient que mes pieds marchent.


Penser avec ses pieds

« La marche est un mode de déplacement naturel de l’être humain. Un pied devant l’autre imprime le mouvement qui bascule le corps en avant et permet la progression. Le corps reste toujours en contact avec le sol, nul moment de suspension aérienne ou bien c’est qu’on est passé à la course. La marche maintient l’individu au sol, traduisant son lien essentiel avec la terre. Nous sommes une plante de terre, quoi qu’en dise Platon.
(…) Se déplaçant à une vitesse variant entre trois et cinq kilomètres par heure, le marcheur prend une conscience nette des dimensions et de la réalité du monde. En effet, à mesure que la vitesse augmente, le monde prend des contours de plus en plus flous jusqu’à pouvoir disparaître. Notre oeil est fait pour la marche car, alors, il peut découvrir l’infinie variété des êtres et des formes qui composent le réel que nous habitons. Habiter le monde, non l’occuper, le coloniser ou le maîtriser, tel est le voeu intime du marcheur.
(…) Apparue chez les premiers hominiens il y a environ deux millions d’années, la marche a permis la libération des membres antérieurs, rendus alors disponibles pour la manipulation d’outils, le transport d’objets, l’accomplissement de gestes. Le redressement qu’elle suppose permet aussi un développement du cerveau et des capacités intellectuelles qui lui sont liées. Autrement dit, l’être humain est marcheur non par accident, mais par vocation. Ainsi que l’écrit Rousseau :  » nos premiers maîtres de philosophie sont nos pieds » (Emile)

squelette

Les pieds sur terre

« La marche permet de recoudre pas à pas l’évidence dissipée qui longtemps a tenu ensemble l’homme et le sol ; elle permet de reprendre pied dans une époque où chacun a la sensation de se noyer dans un torrent de bouleversements.
L’homme a tracé des chemins, autant de coutures qui composent l’étoffe d’un monde humain. Chaque marcheur parcourant ces chemins repique la tunique qui protège l’homme et le monde d’un oubli réciproque.
Le chemin soutient mon pas, il lui offre la résistance nécessaire pour que je puisse avancer, ne pas basculer dans le vide ou m’enfoncer dans la bourbe. Il a ses accidents que le pied est prompt à éviter, se posant exactement là où l’appui est suffisant, ni trop mou, ni trop instable, ni trop profond. Le pied doit conserver son allure, éviter le piège de la prise  dont il pourrait se déprendre, et celui de la glissage qui lui ferait perdre l’adhérence.
L’entente instantanée de l’oeil et du pied révèle l’intelligence du corps en acte, anticipant les risques et les déjouant. La marche traduit la coïncidence du pied et du sol et pointe la connivence archaïque de l’homme et de la nature : ne sommes-nous pas issus d’une même souche, la matière stellaire ?
« 

Ciel et terre
« On marche sur la terre mais on marche aussi sous le ciel, l’un ne va pas sans l’autre. »

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